José Galletti, le maire sortant de Lucciana, revient sur son bilan et pose les premiers jalons du projet qu’il entend développer au cours de sa prochaine mandature qui, il l’annonce, sera aussi sa dernière avant de passer la main

Qu’est-ce qui vous motive à briguer un nouveau mandat ?

Les compagnons qui m’entourent et me soutiennent depuis plus de deux décennies représentent une constante qui m’encourage à briguer ce mandat qui me permettra de finaliser tous les projets initiés et prévoir ceux liés à une commune en pleine expansion.

Vous repartez avec la même équipe ou votre liste va-t-elle évoluer ?

Le groupe Ensemble pour Lucciana – Inseme pè Lucciana n’a jamais cessé, au travers des différentes consultations, de s’étoffer et ce, dans un souci permanent de rassemblement , sans aucun sectarisme. Dans ce droit fil, notre liste va évoluer et, avec l’accord de mes colistiers, de nouveaux acteurs de la vie publique et du monde économique vont nous rejoindre, d’autant plus que notre conseil municipal va passer à 29 membres, la commune ayant franchi aujourd’hui le cap des 6 000 habitants.

La commune a-t-elle les moyens économiques et fonciers de sa forte croissance démographique ?

Pendant ces vingt dernières années, notre effort principal a été tourné vers la réalisation d’équipements structurants et la création d’une attractivité à destination des acteurs économiques pour les inciter à venir s’installer à Lucciana. Pour mémoire, le taux d’imposition du foncier bâti a longtemps été stabilisé à 6,75 %.

La commune a procédé à l’acquisition de 5 hectares de foncier autour de l’hôtel de ville, en vue de concrétiser Lucciana U Centru. Deux grands secteurs d’enjeux régionaux (SER), Crocetta-Casamozza et Crocetta-Poretta sont inscrits dans le Padduc.

Alors oui, nous avons les moyens économiques et fonciers pour assurer notre forte croissance démographique. Si je suis réélu, mon mandat sera principalement tourné vers le cadre de vie de nos administrés, sécurité et environnement. Ils méritent d’avoir le meilleur possible dans ces deux domaines.

« La commune souhaite une digue de protection »

Où en êtes-vous avec le PLU et sa conformité au Padduc ?

Nous avons un PLU opérationnel depuis 2009 qui a permis un formidable essor à Lucciana. La révision qui doit nous permettre la compatibilité avec le Padduc est en cours. Le Plan d’aménagement durable devrait être présenté dans le courant du premier semestre 2020. Nous avons élaboré avec la chambre d’agriculture de Haute-Corse un Docobas, outil indispensable pour avoir une réflexion collective de la stratégie agricole à mettre en oeuvre pour préserver et développer le volet agricole et forestier sur notre territoire. Nous allons travailler avec les services de la DDTM pour sécuriser le plan de prévention risques incendie de forêt, aujourd’hui fragilisé.

Je participe, au travers de l’Association des maires de Haute-Corse, à l’élaboration des propositions à destination du président de la République, et ce, en étroite collaboration avec l’Agence de l’urbanisme et les services de l’État.

Qu’en est-il de la sécurisation des quartiers qui, à l’exemple de Brancale, souffrent énormément des intempéries ?

Au cours de la dernière tempête, j’ai répondu aux appels des riverains, je les ai informés du risque mineur de la crue en vue de les rassurer. Nous avons hébergé les personnes qui nous en ont fait la demande. La plaine de Lucciana est bordée en partie sud par le Golo dont les crues concernent notamment le quartier Brancale en partie urbanisé.

La commune a souhaité l’aménagement d’une digue de protection de ce hameau. Des études topographiques ont été réalisées et le bureau d’études Artelia nous a fourni un diagnostic favorable. En 2018, la compétence eaux pluviales est passée à la communauté de communes de Marana Golo et l’État a depuis indemnisé cinq propriétaires résidents en vue de démolition.

 

« S’inscrire plus encore dans le développement durable »

Quels sont les grands projets que vous souhaitez mener à bien ?

Dans un premier temps, terminer ce qui est entrepris. Nous pouvons affirmer avoir mis en oeuvre 90 % de notre programme de campagne de 2014 et notamment, le Musée de Mariana, dernier maillon manquant dans la chronologie de l’histoire de la Corse. Il en est de même pour la réalisation de notre salle des fêtes sur le site du complexe sportif, ainsi que de la poursuite du projet de Lucciana U Centru.

Nous avons pris bonne note, au travers de nos contacts avec la population, des besoins exprimés et nous détaillerons prochainement les projets raisonnablement envisageables pour la prochaine mandature.

Ce sera un programme inscrit dans la modernité et les enjeux majeurs de notre temps : la sécurité et le développement durable.

Premier Ecoquartier de Corse – Lucciana U Centru

 

Vous êtes de droite, mais vous semblez avoir des atomes crochus avec l’actuelle majorité territoriale. Vous ne craignez pas de semer la confusion dans votre électorat ?

Il ne faut pas se tromper de consultation. Nous sommes dans une élection municipale dont le but est la promotion de notre commune et le bien-être de ses habitants. Notre équipe sortante et celle à venir couvrent un large spectre de sensibilités. Avec la disparition des conseils départementaux, il aurait été anormal de ne pas avoir les meilleures relations avec la collectivité de Corse qui, je m’en réjouis, a répondu favorablement à toutes nos demandes.

Vos rapports avec l’opposition municipale ?

Elle a toujours été présente et a manifesté régulièrement par ses votes son approche différente des projets.

Je dois souligner la correction qui a présidé à nos débats et leur respect de la démocratie.

Si vous êtes élu, ce sera votre dernier mandat ?

J’ai conscience d’avoir beaucoup donné pour Lucciana au détriment de mes proches. Cette mission, je ne l’ai pas cherchée, elle m’a été imposée. Oui, je passerai la main après ce mandat, avec la conviction de ne pas avoir démérité de mes prédécesseurs, Charles Galletti et Jean-François Filippi.

 

Corse-Matin du 26 Décembre 2019